La philosophie peut ignorer l’Écriture : n’a-t-on pas tenté d’élaborer une pensée de l’Être qui tait le nom même d’Israël ? Et le Juif – « ce peuple qui vit solitaire et ne se confondra point avec les nations » - s’il lui faut étudier jour et nuit la Torah, manquera peut-être de temps pour apprendre la philosophie. L’écart de la philosophie et de la Torah peut aller jusqu’à ce point d’indifférence. Est-il jamais atteint ? La philosophie, de fait, n’ignora pas l’Écriture et Israël reconnut l’éclat du grec, langue de la philosophie. Approche qui ne pouvait pas ne pas conduire à la guerre. Il est vain de dissimuler l’un ou l’autre de ces moments – indifférence, proximité, polémique – s’il est question de penser l’écart entre le Logos et la Lettre.  

Le logos et la lettre, Verdier, 1988, p. 8

 


Benny Lévy
Jérusalem
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